Aventures Tropéziennes
Bonjour à tous et toutes. Bienvenue dans le monde des Aventures Tropéziennes. Espace qui vous est destiné à vous : Petits, moyens, grands, jeunes trop matures, vieux immatures, vieilles filles et vieux garçons, beaux gosses dragueurs, cadres supérieurs, chômeurs, employés, acteurs ratés, mamans au foyer...
Qui que vous soyez, je vous propose de me retrouver régulièrement afin de traverser avec moi, au jour le jour, cette année 2009. Un petit carnet de bord sans langue de bois sur l'actualité, avec les journées avec, les jours sans, des billets drôles, d'autres beaucoup moins... dont le seul mérite sera d'être néanmoins toujours sincère !
L'année 2009 au jour le jour : et pourquoi ne pas se tenir compagnie chaque jour durant ?

Vendredi 06 mars 2009 - Praz sur Arly
St Tropez
Bon, fin de semaine, fin des vacances... Mes incantations pharaoniques n'ont rien donné, tant pis pour moi. Il est d'usage de ramener des souvenirs de vacances, pour ma part, je reviendrai avec ce petit quelque chose qu'est la fièvre, la maladie, la toux, les microbes... Au moins c'est gratuit et je n'ai plus qu'à attendre que cela passe. Car l'être humain est attentif, le saviez-vous ? Toujours en attente, toujours sur la défensive, jamais attaquant.

L'exemple même de ces touristes agressifs qui promettent que c'est la première fois de leur vie qu'ils ont eu un mauvais contact avec un prestataire de service divers. Forcément c'est celui qui bosse qui a un problème, forcément c'est lui qui a commencé à mal parler, forcément c'est pas le client qui ne sait pas ce qu'il veut, qui fait déplacer un professionnel déjà débordé et le fait repartir aussitôt arrivé... Non non non c'est pas lui.

Mais par contre, c'est bien lui le client qui vient pousser la complainte, dès la minute d'après se plaindre à la réception d'un prestataire avec qui pourtant l'hôtel travaille depuis plus de trois ans sans aucun incident... Mais cette fois, c'est grave, c'est très grave : le client dépité, pauvre de lui ne comprend pas pourquoi l'hystérique travailleur saisonnier s'en est pris si sauvagement à lui, lui client parfait, poli, patient... bref les 3 P quoi.... Alors ce P....N de client vient conter vient pleurer sa malheureuse aventure un minimum de quatre fois à qui veut bien l'entendre, d'abord à la réceptionniste de l'hôtel, puis à son fiancé revenu des pistes, puis à un couple voisin de table, clients aussi sympathiques et avec autant de «P» que l'hôtel dispose d'étoiles. Et le lendemain, rebelote ! Hop la complainte de la grimace est repartie avec la supérieure de l'hôtel absente la veille, avec des trémolos en plus...

Mon Dieu qu'il est fatiguant adulte de devoir fermer sa gueule et de devoir supporter les inepties des gens qui n'ont rien d'autre à foutre que de mal parler aux gens par excès d'orgueil et ensuite de jouer la comédie de la bonne conscience malade et désolée d'un tel incident... Bin oui dès fois qu'il ou en l'occurrence, elle, passerait pour une cliente chiante, chipoteuse et conne ressemblant par-dessus le marché à une chipolata ; Après les 3 P, les 4 C, c'est la règle de l'hôtellerie !

Bref, en attendant moi, ce n'est pas pour me déplaire ces niaiseries... Un écrivain se nourrit de ce qui l'entoure, de ce qu'il vit, de ce qu'il observe, de ses enquêtes... Un écrivain se nourrit du monde et de la vie ; regarde un physique, se pose des questions, imagine, écoute des bribes de conversations, les mélange, les retravaille... Et de multiples expériences et bouts de vies volés en font un scénario abracadabrant qu'il ne l'est pas moins ni plus que la vie de tous ces gens mélangés en un méli-mélo d'émotions intemporelles et universelles...

Cela évite de se prendre la tête, de partir au quart de tour, de remettre les gens à leur place... Au contraire qu'il est délectable d'écouter en secret toutes les bassesses et cachotteries d'inconnus en sachant que sans le vouloir ils alimentent déjà le portrait d'un futur personnage...

Après tout, y'a rien de mal là dedans, je ne suis qu'attentive moi aussi, comme cette fameuse cliente pas contente :

«C'est pas moi qui ait, c'est pas moi qui ait fait !»
Jeudi 05 mars 2009 - Praz sur Arly
St Tropez
Quelque part en France aujourd'hui, dans un petit village de Haute-Savoie... Cinquième et avant dernier jour de vacances et retour chez le médecin, histoire de lui demander pourquoi les antibiotiques pas automatiques ne font pas effet. Est-ce l'altitude ?
D'après lui, non. Il ne comprend pas pourquoi d'ailleurs effectivement la pauvre fille que voilà est toujours dans cet état... Alors hop, changement d'antibiotiques pas automatiques, revisite de la pharmacie savoyarde. Et retour au dodo...

Y'a plus qu'à attendre que la chimie fasse son effet ; En attendant moi je m'adresse et j'implore :

La dynastie toute entière des Ptolémées
Cléopâtre
Aménophis
Thoutmosis
La Déesse Nut
Toutankhamon
Isis
Osiris
Ramsès
Seti
Taousert
Sethnakht
Hérihor
Smendès
Amenemnesout
Aménémopé
Osorkon IV
Pétoubastis I
Roudamon
Artaxerxès II

Etc. etc. ...

Laissez-moi tranquille même si j'ai souillé, un jour, l'eau du Nil !!!

Parce que, comme on dit chez nous, moins poétiquement : y'a de l'eau qui a coulé sous les ponts quand même ! Alors !
Mercredi 04 mars 2009 - Praz sur Arly
St Tropez
Mercredi 4 mars et le monde et son humeur ne se sont guère améliorés au niveau planétaire. Au niveau purement individuel, je retire l'apologie que je faisais hier sur les joies de la maladie, vacances durant et le positivisme à toute épreuve.

Je regrette, je retire, je change d'avis, preuve que je ne suis pas imbécile puisqu'il paraît que seuls ces derniers ne changent pas d'avis...

Quatrième jour de vacances, plus que trois avant le grand retour et mon état s'empire chaque jour davantage malgré les médicaments et antibiotiques qui parait-il ne sont pas non plus automatiques...

Ca me fait une belle jambe. C'était ça alors les vacances tant attendues depuis mes dernières prises en avril dernier ? Dix mois de dur labeur pour s'offrir cela ? Nausées, vomissements, forte fièvre, manque de sommeil paradoxalement au fait d'être couchée toute la journée... estomac qui n'en peut plus de ces tonnes de cachets chimiques à ingurgiter... Tremblements, chair de poule, chaud, froid... Libido en berne... Yeux rouges et qui pleurent, nez tout aussi rouge, lèvres gercées à force de respirer bouche ouverte...

Par la fenêtre le spectacle des paysages enneigés est idyllique. Par la fenêtre seulement, car pas question de mettre le nez dehors ! Par la fenêtre, côté face, le spectacle est à l'opposé : une pauvre trentenaire en pyjama se demandant ce qu'elle a bien pu faire dans sa vie pour connaître l'absurdité de la malédiction des vacances, qui, étrange hasard débuta sur une péniche sur le Nil ?

Aurai-je offensé Pharaon il y de cela deux ans en vomissant mes tripes et leurs offrandes dans leur eau pure et sacrée ? L'aurai-je offensé en pensant que la pureté du Nil n'est plus ce qu'elle était eu égard au nombre de touristes, victimes de la tourista, d'intoxication alimentaire, d'insalubrité pénichière (mot qui ne doit même pas exister d'ailleurs !) et qui comme moi, visiteurs étrangers et irrespectueux ont souillé leur terre sacrée ?

Peut-être bien. Je ne vois que cela. En attendant une seule expression tirée d'un film bien connu, me vient à l'esprit en cet instant :

«Si j'aurais su, j'aurais pas venu !»
Mardi 03 mars 2009 - Praz sur Arly
St Tropez
Me voilà, encore là, toujours là... Et oui il y a huit semaines de cela, j'avais fait le pari stupide de tenir toute une année, 365 jours à écrire quelque chose de censé tous les jours, plus ou moins profond, plus ou moins utile, plus ou moins intelligent...
Et bien c'est moins facile et drôle que ce que je croyais surtout quand on est encore cloué au fond du lit.
Savez vous, en vrai, comme il est difficile d'écrire, même cinq lignes, lorsqu'on est alité ? Si, si je l'affirme... Essayez la prochaine fois, vous allez voir...
Déjà attraper votre ordinateur à l'autre bout de la pièce vous épuise. Et puis après, essayer de tapoter sur le clavier à moitié allongé, à moitié assis... ce n'est franchement pas facile.

C'est dans ces cas là qu'on est heureux d'avoir choisi un bel hôtel avec le confort et le charme de la Savoie... Quitte à être interdit de piste, autant être au lit dans un beau cadre...

C'est le secret de la vie : savoir positiver dans toute circonstance.
Vous êtes malades, cloués au lit sans pouvoir mettre le nez dehors : c'est dommage, oui, mais, au moins vous vous reposez ; et comme c'est une chose dont vous êtes incapables en temps normal, cette obligation, ce rappel à l'ordre de votre corps, vous offre finalement des vacances. Certes pas comme vous les imaginiez, mais l'important c'est de se sentir vivre.
Vous êtes sur le point de perdre votre boulot ? Hé bien vous en trouverez en autre... Vous repartirez sur de nouvelles bases, une nouvelle vie, de nouveaux projets...
Vous n'avez plus d'argent pour partir en vacances, vous acheter le dernier jean à la mode ? Et bien tant pis, vous avez un toit sur la tête et ça c'est comme même une sacrée chance que de ne pas dormir dehors et de pouvoir s'instruire...

C'est cela qui est marrant, au milieu des vacances, des hôtels, des gens plus au moins friqués, et bien moi, du fin fond de mon lit, je relativise et trouve la vie belle quand même sans les soucis du quotidien... et tellement reposante !
A croire qu'être malade c'est mieux qu'être en vacances !
Lundi 02 mars 2009 - Praz sur Arly
St Tropez
Lundi, d'habitude jour de début de longue semaine pour tous ceux devant aller bosser. Un lundi peut-être différent selon qu'on soit au boulot, en vacances, malade, sur une île... Chacun sa vie...

Je regarde par la fenêtre et je vois des skieurs dévaler avec gourmandise les pistes malgré le ciel gris. Qu'importe ils prennent leur pied, certains n'ayant pas chaussé leurs chaussures de ski depuis un an.

Quand à moi je suis attablée dans le petit salon en pin de l'hôtel à cracher, tousser, renifler, me moucher, tousser encore à brûler intérieurement...

Oh y'a pire... Hier j'étais incapable de me lever de mon lit, c'est déjà un progrès.

Quoi d'autre en direct d'ici ? Pas grand-chose, tout est calme. Seul le bruit de l'aspirateur passé par un jeune homme couvre le cliquetis des touches.

Voilà les dernières nouvelles du jour.

Vive les vacances !
Dimanche 01 mars 2009 - Praz sur Arly
St Tropez
Il est des jours comme cela, où vous avez l'impression d'être maudit. Je m'explique : vous les vouliez, ces vacances. Vous les attendiez, aussi impatients que vos gamins attendent l'arrivée du Père Noël.

Vous avez tout organisé, en avance, pour que tout soit parfait ; Au risque de connaître une poussée de stress aigue au moment des préparatifs...

Vous avez bravé des centaines de kilomètres, des heures d'attentes dans des toilettes publiques, sales... Les cris de vos enfants dans l'habitacle... Tout cela pourquoi au fond ? Elémentaire mon cher Watson, pour faire un break, prendre du repos, passer du temps en famille, respirer l'air de la montagne, s'enivrer de ses sommets enneigés... Eventuellement pouvoir se réveiller quand ça vous plaît, sans cet imbécile de radio réveil qui vous rappelle chaque matin que le travail c'est la santé...

Et bien, figurez-vous que j'ai découvert la véracité de cette maxime, moi. Encore une fois. J'ai suivi à la lettre le manuel de l'organisation des vacances parfaites et me voilà en ce premier jour de vacances, clouée au lit... Non, non, pas pour faire une sieste agréable, mais parce que malade, pleine de fièvre, sans même pouvoir me lever pour faire le tour de ma chambre d'hôtel...

C'est quand même con, non ? Surtout que durant mes dernières vacances officielles, c'est-à-dire en avril dernier aux Maldives, l'île paradisiaque où nous nous trouvions n'a pas réussi à me faire échapper, au bout de trois jours, aux mêmes symptômes... Je vous assure que sur des séjours de 7 jours, en passer trois au lit, malade à en crever, ce n'était pas ce que j'imaginais, loin de là ! Pas de doute j'ai du louper un chapitre du manuel de la vacancières...

J'en viens donc à me demander si je ne suis pas atteinte de la malédiction des vacances Qui pourrait bien posséder une poupée vaudou maléfique à mon effigie, la piquant, surpiquant encore, et piquant encore telle la méchante Maléfique s'en prenant à la pauvre Belle au bois dormant ?

Car c'est sûr il y a quelque chose de pas net la dessous.

A moins que je ne sois tout simplement allergique aux vacances, sous les tropiques, ou sur les pistes...
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