Jeudi 1er janvier 2009
Premier jour d'une année qui débute avec un ciel gris et morose comme parait-il le moral des français craignant la «crise» dont le mot seul les effraie. Un mot entendu mille fois par jour depuis ces dernières semaines. Mais le passé est le passé et il faut en ce jour de fête et férié regarder l'avenir en face, croire en ses rêves... A ce titre, dès les douze coups de minuit, tout à chacun a eu fort à faire avec classiques bonnes résolutions. Les «j'arrête de fumer», «je me remets au sport», «je perds trois kilos» ont été répétées pour la énième fois avec autant de conviction que les cinq années précédentes. Déjà comment se fait-il que personne ne s'est jamais relevé de véritables défis ? Attention j'entends par là des défis insensés, à dormir debout, tels par exemple : «je ne vais pas verser une seule larme» ou «je vais rire à gorge déployée chaque matin» etc., etc. ...

Mais cette année c'est différent... Bien sûr... Quant à moi, j'ai pris la résolution de vous accompagner chaque jour de cette année 2009 vous livrant tour à tour mes humeurs, mes coups de gueule ou de déprime, histoire de vérifier :

- S'il est possible de se tenir quotidiennement à une tâche à laquelle rien ne nous y oblige mis à par ces stupides résolutions prises.

- Si chaque jour de cette nouvelle année à venir, j'aurai une pensée, un regard différent sur notre société, et si ce dernier peut avoir un quelconque intérêt, ce qui n'en est pas moins sûr...

Voilà c'est parti. Non comme une espèce de journal intime où les sentiments étalés sont aussi profonds généralement que les premiers émois amoureux d'une midinette, mais plutôt comme un carnet de bord dans lequel tout doit être consigné afin de ne rien oublier des vérités si fugaces.

Je ne vais donc pas commencer par une humeur maussade identique au temps, mais tenter de débuter cette journée par la bonne humeur qui me caractérise, d'abord en vidant mon portable & ma boîte mails de tous ces innombrables messages incontournables et hypocrites de bonne année, bonne santé, joie, amour et santé... notamment de la part de certaines connaissances mis aux oubliettes depuis presque une année justement, le dernier contact avec eux datant notamment des voeux de l'année précédente ! Puis après le no man's land... C'est rigolo comme en ce jour férié il est anormal de ne «rien faire» pour le réveillon qui précède. Il est de coutume d'attendre les douze coups et de crier à plein poumons «bonne année !» y compris à tous les inconnus qui «font» le même réveillon que nous ! Pour ma part je dois bien avouer qu'il y a de nombreuses personnes pour lesquelles leur année à venir m'indiffère totalement : bonne ou mauvaise, cela ne vas pas changer le cours de ma vie. Je dirais même que pour certaines d'entres elles, si leur année pouvait être mauvaise cela ferait naître sur mon visage une grimace ironique. Mais ne commençons surtout pas cette année sur des idées méchantes au risque de me coller une étiquette dès la première page de ce carnet comme un être vindicatif et mesquin... Car c'est bien connu il existe des miracles s'il l'on a la foi, les vilités de chacun vont cesser, nous vivrons dans un monde de partage et de bonheur. La faim, les maladies n'existeront plus dans le monde et surtout avant d'envoyer des dons à des inconnus tout autour de la planète, nous apprendrons enfin le prénom de notre voisin de palier et serons cette année, à même de le saluer et de lui dire bonjour en le croisant dans les escaliers, étant présent pour le mal-lotis au coin de notre rue... Oui cette année mérite une note d'espoir car les informations ont annoncé en cette première heure de 2009 : la redevance télé va augmenter cette année encore, ainsi que les passeports... Mais pas de panique c'est par solidarité, donc souriez mes chers compatriotes, vous vous rendrez compte dans un an jour pour jour que toutes ces privations étaient nécessaires et que 2010 sera une année meilleure.
Je ne peux donc pas finir cette première page de pensées sans vous souhaiter, chers lecteurs, une très bonne année, histoire de rester dans le politiquement correct au moins dès la première page !
Vendredi 2 janvier 2009
Aujourd'hui c'est vendredi. Second jour de l'année et déjà dernier de la semaine pour ceux qui ont la chance de ne pas travailler ni le samedi ni le dimanche. L'année commence bien ! Si à peine quelque chose débutée c'est déjà la fin, et bien il va falloir faire vite et ne pas trop prendre le temps de réfléchir et de s'appliquer. Quoi de neuf depuis hier ? Rien le café à le même goût, la météo ne s'est guère améliorée et je ne me suis réveillée ni triste ni gaie, normale quoi, prête à entamer ma journée de boulot. Le chien lui aussi est égal à lui-même, il ronfle confortablement lové sur le canapé. Mais assez parlé de moi ce n'est pas le but.

Une question primordiale : comment va le monde ce matin ? Et bien j'en sais rien et ne m'en porte pas plus mal car pour une fois je n'ai pas allumé la télé dès le réveil et ne me suis pas auto-déprimée avec des informations toujours plus noires et des présentateurs toujours au plus près du détail dès fois qu'on ai pas bien saisi toute l'horreur des situations... Je ne sais pas comment va le monde ce matin, si la bourse a encore chuté, si d'autres usines vont fermer, si d'autres entreprises assommées par les charges, taxes et divers impôts, pourtant supprimés depuis la révolution française, ne sont pas en dépôt de bilan...

Je ne sais rien de tout cela et je ne m'en porte pas plus mal à vrai dire. Je suis là, dans le calme de mon foyer à humer le café brûlant, regarder la lourde fumée blanche des détritus du voisin en train de se consumer, observer le scintillement des guirlandes électriques de mon sapin qui, joie éphémère, va bientôt retourner à son carton dans quelques jours une fois que les rois mages seront enfin arrivés à destination avec les galettes, qu'il faudra comme chaque année, dévorer en tentant de ne pas tricher pour savoir qui aura la fève. Dévorer mais proprement, gracieusement, hors de question d'écrabouiller la part de gâteau ou de soulever la frangipane histoire de savoir si la fève est là ou non. Non une seule façon de le savoir, croquer dedans, avaler et jusqu'au bout ! Même si vous n'aimez pas les fruits confits ou la compote de pomme qu'on trouve désormais à l'intérieur des gâteaux des rois.

Pour le moment il est vrai que manger cette galette ou quoi que ce soit d'autre m'indiffère tant la ronde des apéritifs, des vins, des repas de fin d'année ont encore été copieux. Vu mon dégoût pour la nourriture depuis hier et mon adoration pour mon lit, les siestes et les grasses matinées, j'en déduis qu'il est très facile de s'en tenir à la résolution du régime pour ceux qui l'ont faite au moins les trois premiers jours de l'année, les veinards... Car certaines sont plus difficiles même durant trois petits jours. Tenez, au réveil je n'étais pas hilare ce matin, et là devant mon écran seule et sans télé avec simplement mon chien et son air ahuri pour compagnie, je ne me sens pas non plus d'éclater de rire à la vue du mini incendie qu'est en train de provoquer mon voisin... D'autant que sa fumée empeste également mon pauvre linge en train de sécher sur la terrasse, qu'il va donc falloir que je le relave, et pour cela que je réutilise du détergeant et que j'use à nouveau de l'eau et de l'électricité... Et bien, bravo les économies et le respect de l'environnement ! Enfin parlons en du respect, j'en viens, et ce sera ma pensée du jour, à me demander si respect environnemental ou respect tout court, est toujours présent dans le dictionnaire, si les enfants de CM2 savent l'écrire, si ceux de CP ont une vague idée de ce que cela signifie, bref si ce mot est toujours d'actualité...

Mais cela je ne peux le savoir non plus puisque comme je l'ai dit je n'ai toujours pas allumé mon poste de télévision ce matin. Non, je préfère bien sainement regarder la fumée monter vers le ciel, s'en aller vers les étoiles, pendant que moi je tente d'écrire une page, une seule, tout en restant concentrée, comme lorsqu'enfant, je n'avais pas le droit, justement, d'allumer cette sacro-sainte télévision avant d'avoir terminé mes devoirs et repassé mes leçons. Ceci afin d'effectuer un travail de qualité ! Qu'il était dur d'ailleurs de s'en tenir à mes schémas et problèmes, subjonctifs, imparfait et présent terriblement ennuyeux quand de l'autre côté de l'écran m'attendaient Dorothée, Jackie et tous ces dessins animés qui m'emportaient vers un autre monde, imaginaire, celui là où Candy restait toujours digne, amicale, généreuse. A la réflexion ces émissions sont dangereuses: mes parents, déjà conscients des dangers de la télé et m'ayant par le fait toujours bien fait comprendre la frontière entre l'imaginaire et le monde réel, ont réussi, c'est vrai, à façonner ma personnalité au contraire, à l'extrême opposé de Candy et de ses qualités ! Qu'importe j'ai bien compris le message et surtout j'ai gardé par devers moi le respect du travail bien fait ! Sur ce, ce n'est pas que je m'ennuie mais je suis en bas de page, je peux donc aller voir comment va le monde et plutôt que de me déplacer et descendre dans la rue vivre, je préfère me fier aux avis des présentateurs ! Ah la technologie quel fantastique progrès ! Je n'ai qu'à écouter et j'aurais une opinion, pas besoin de comprendre !
Samedi 3 janvier 2009
Le soleil est revenu sur notre village et tout de suite une autre ambiance se dégage de notre cité. Le ciel est bleu mais bleu pale ce matin, non encore agressif ou criard. Le soleil est doux, sa lumière ni trop forte ni trop faible. Quelques nuages à peine dessinés ponctuent le ciel de leur présence, nuages décoratifs mais non menaçants. Bref un sentiment de quiétude fait place aux humeurs moroses qui sévissaient ces derniers temps, faisant la trêve uniquement les soirs de réveillon pour mieux réapparaitre les lendemains, en même temps que les gueules de bois, maux de crâne, ballonnements et mauvaises digestions. Terminés tous ces inconvénients et désagréments. Le week-end commence donc avec une belle journée, idéale pour faire le plein de grand air, de marche dans les collines ou de promenades en famille sur la plage. Cela, c'est pour le côté optimiste de la chose. Le côté pessimiste c'est qu'aujourd'hui samedi est sans doute pour la majorité des français, l'avant-veille de la rentrée des classes de nos chers chérubins et également de la notre avec un retour au bureau. J-1 donc, et voici la foule de choses qu'il va vous falloir faire en ce samedi :

- Faire les courses afin de remplir le réfrigérateur et les placards histoire de ne pas commencer cette semaine à se demander tous les soirs ce qu'on va bien pouvoir faire et commander pizzas et plats à emporter toute la semaine durant. Inutile de vous dire que les super et hypermarchés vont être remplis de gens comme vous, stressés de la rentrée, pressés et chargés ! Ceux-là même qui comme vous étaient dans le même état d'esprit les deux semaines précédentes. Car oui, vous êtes déjà de retour devant les portes des magasins alors qu'entre les deux réveillons, vous n'avez fait d'ailleurs que cela : les courses, les courses, les courses, passant des heures en caisse, à attendre votre tour, à vous faire bousculer, pousser, étouffer par d'autres clients encore plus pressés, chargés et stressés que vous, ce qui vous semblaient d'ailleurs impossible. Même lieu, même occupation donc, le tout dans un esprit tout aussi compétitif mais beaucoup moins festif ! Et oui, là malheureusement vous faites les courses simplement pour vous nourrir au quotidien ! Quelle plaie !

- 2nde étape : une fois la cohue des boutiques terminée, vous voilà de retour chez vous où vous attend désormais la corvée du rangement des commissions. Vos sacs s'étalent partout sur le sol, les articles attendent bien sagement sur le plan de travail, le réfrigérateur encore plein vous fait des reproches silencieux et refuse de fermer sa porte de façon hermétique. Idem pour le congélateur. C'est donc parti pour un premier tri de frigo où vont s'accumuler dans la poubelle tous les restes de homards, crevettes, pâté, toast, fromages séchés, etc... Seul petit problème : la poubelle est pleine elle aussi et commence à sentir tous les relents de fruits de mer jetés allègrement. Quand on pense à tous ces gens qui font la queue au restos du coeur pour pouvoir se nourrir, cela en devient indécent, mais vous n'avez pas le temps de vous pencher sur le sujet en ce moment, vous ne pouvez donc que compatir, ce que la plupart font parfaitement au demeurant... Au milieu de la cohorte de tous ces éléments qui se déchainent ; votre pré-ado à peine levé suite à sa grasse matinée honteuse, au lieu de vous porter secours, beugle qu'il a faim et qu'il ne trouve pas ses céréales préférées ! Vous restez calme et optez pour le self-control la journée étant loin d'être terminée. Un autre sac poubelle, le frigo vidé puis re-rempli et voilà le tour est joué ! Votre cuisine ressemble cependant à un véritable capharnaüm, vous regardez autour de vous et oh misère vous apercevez qu'il n'y a pas que la cuisine mais que tout votre appartement est sens dessus dessous. Il vous faut vider le lave-vaisselle pour lui aussi mieux le re-remplir, faire tourner la machine à laver, mais avant cela penser à pendre le linge encore mouillé à l'intérieur... Et oui, on vide pour mieux remplir, à l'instar des verres avalés durant ces réveillons, peut-être est-ce cela même l'essence de la vie. Recommencer encore et encore !

- Troisièmement, entamer le grand ménage afin que votre chez-vous soit nickel car à votre retour de bureau, vous serez exténués, n'ayant pas eu une minute à vous, car il vous faudra là aussi faire face au déferlement de messages, courriers en retards, messages accumulés sur le répondeur !

Une question se pose : l'année commence t-elle finalement si bien que cela ???
Dimanche 4 janvier 2009
Aujourd'hui dimanche, plus que quelques heures de répit avant le grand retour au travail pour la majorité des français. Dernière grasse matinée possible avant de supporter à nouveau la sonnerie répétitive du radio-réveil, cependant comme par hasard c'est ce matin que vous vous réveillez à 5H50 sans pouvoir se rendormir ! Mais cela ne doit pas altérer votre bonne humeur mais au contraire vous rappeler que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! Bon gré mal gré vous vous levez donc le coeur léger à l'idée de pouvoir profiter des nombreuses activités en cette journée dominicale ensoleillée. Ceci dit la maisonnée et ses autres occupants tous encore endormis, vous vous ennuyez bien vite, retournez vous allonger pour vous réveiller à 11H00 du matin, bougon car franchement là maintenant, la journée est foutue ! Tout le monde sur le pont, il est l'heure d'aller visiter la famille ou les amis afin de partager le repas et la fameuse traditionnelle galette.

Petits ou grands tous s'y collent et fait extraordinaire même si vous n'avez jamais aimé les fruits confits ou la frangipane, vous jouez le jeu car l'enjeu est important : trouver la fève. Je ne reviendrai pas sur le fait de manger proprement et de ne pas tricher ce serait me répéter. Chacun regarde donc d'un S'il mauvais alternativement la galette et le plus jeune des enfants censé décider qui aura quelle part. Vous scrutez la galette et ses formes histoire de deviner si c'est vous... Vous observez vos voisins, buvez une gorgée de cidre histoire de se donner un air détaché et surtout histoire de faire passer l'énorme morceau mis en bouche afin d'en finir au plus vite avec cette comédie. Le pire de vos souvenirs d'enfant étant bien sûr d'avoir rarement eu cette satanée fève, et d'avoir la honte, en plus, de n'avoir jamais été choisi comme roi ou reine. Car c'est bien connu nul n'est seul maître en son royaume et derrière chaque roi se trouve une femme qui gouverne (ce n'est pas de moi, halte là aux accusations de féministe !). Je trouve cela quand même étrange que sous prétexte de l'arrivée des rois mages, les envies de pouvoir les plus enfouies renaissent en chacun d'entre nous ; qu'importe l'époque, le royaume : de Prusse, de France ou le royaume de la frangipane, l'important est d'être sacré par ses pairs et de se sentir tout puissant : «quod principi placuit legis habet vigorem» Étrange tout de même quand on sait que c'est nos ancêtres qui ont décimé nos têtes couronnées et crié haut et fort leur désir de liberté, d'égalité, de fraternité...

Mais l'heure n'est pas à la réflexion mais au festoiement, au partage entre amis, aux derniers regards en direction de la crèche et des ses habitants, du sapin qu'on est en droit désormais de démonter. Cette année d'ailleurs, je ne sais pourquoi la majorité des habitants de mon immeuble ont inondé les trottoirs depuis quelques jours déjà de sacs à sapin rempli, ou de sapin jetés en vrac. Cela met un peu de verdure dans le gris de la ville certes mais tout de même depuis quand ôte-t-on son sapin à peine le nouvel an souhaité ? Je ne voudrais pas paraître moralisatrice mais tout se perd décidément. Les douze coups de minuit n'ont jamais signifié la perte du sapin... Non non tant que nos amis ne sont pas parvenus à destination, le sapin doit rester en place, c'est la coutume !

Bref, vous qui j'en suis certaine êtes sensibles à ce qu'il nous reste d'authentique, vous conservez votre sapin de Noël jusqu'à ce soir minuit. En attendant après avoir passé votre après-midi à vous gaver de galettes et de cidre, vous vous rendez compte oh malheur, vous qui étiez à jour dans vos taches ménagères, que vos chères petites têtes blondes ont leur rentrée à préparer et qu'en parents bien organisés vous allez de ce pas préparer leurs affaires pour demain, les mettre au bain, et surtout veiller à ce qu'ils ne se couchent pas trop tard ce soir afin d'être en forme pour le lendemain, premier jour du second trimestre, le plus important de l'année scolaire, parait-il.

21H00, c'est chose faîte. Vous renvoyer votre fils se coucher alors qu'il venait simplement vous informer qu'il ne savait pas où était son sac d'école, planqué depuis le premier jour des vacances dans le coin le plus inattendu et inaccessible de sa chambre, avec à l'intérieur... Tous les devoirs à faire pour demain lundi ! Dans une colère noire, vous lui hurlez de les faire sur le champ, lui promettant bon nombre de punitions les plus incohérentes les unes que les autres. Evidemment il s'exécute, trop heureux de pouvoir veiller tard ce soir encore malgré la promesse de se coucher tôt. Le voilà donc penché sur sa table de travail, l'air exténué, sa couronne de roi sur la tête (fève ou pas, c'est toujours eux qui la récupèrent cette couronne de papier). Ainsi va la vie, ce n'est pas un drame, après tout, n'avons-nous pas été, des années durant, gouvernés par un roi fainéant ?
Lundi 5 janvier 2009
Sept heures. Le réveil retentit telle une alarme incendie. Allez, on éteint le buzzer et on lui demande de re-sonner dans dix minutes histoire de se refaire à l'idée de devoir se lever de façon programmée. Après tout pourquoi sauter du lit dès la première sonnerie ? Le temps fidèle à lui-même s'égrène et finalement la raison prend le dessus et docilement on se lève. Mauvaise surprise en ouvrant les volets ce matin : la nuit est encore là ! Et oui, à force de se lever plus tardivement, vacances obligent, j'avais oublié que le soleil, lui, respectait ses heures de lever et de coucher à la minute près, quelques soient les événements. Ce que je qualifierai volontiers d'ennuyeuses habitudes, de banal et triste quotidien, me rassure finalement quand je réalise que notre vie dépend en premier lieu de cet astre si régulier. En tout cas le chanceux ce matin, il n'est pas encore levé lui !

Volets ouverts je referme bien vitre la fenêtre. Le froid s'est déjà engouffré dans l'appartement. Car oui, aujourd'hui qui est déjà par définition maussade puisque c'est le retour au boulot, est en plus froid. Pour la première fois de l'hiver les températures sont descendues cette nuit en dessous de zéro degré. La conséquence : les pare-brises vont avoir besoin d'être grattés, mais cela évidemment, nous nous en sommes tous rendus compte seulement au moment d'entrer dans notre véhicule, quand, déjà en retard en ce premier jour de rentrée, nous cherchons désespérément cette fameuse raclette, dont on a presque oublié le nom, puisque rares sont les occasions de nous en servir dans notre belle région. Certains vont laisser tomber et vont préférer courir vers l'école et le bureau en oubliant cependant que lorsqu'il a gelé, les trottoirs glissent et qu'il vaut mieux justement ne pas être pressé... Cependant avant de s'acharner sur le pare-brise, l'atmosphère est plutôt calme ce matin. L'odeur du café se répand dans la maison. Les enfants s'éveillent peu à peu, relativement calmes eux aussi. C'est reposant après ces 15 journées de chahut continuel. Après tout je les comprends, rien de bien transcendant à retourner s'assoir sept heures par jours sur les bancs de l'école. Il faut bien avouer que je ne montre pas l'exemple d'une humeur euphorique. Moi non plus je n'ai pas tellement envie de donner huit heures de mon temps à des clients, collègues, patrons et institutions qui au final ne m'en paieront que quatre...

Il est évident et urgent qu'il faut que je pense à autre chose sinon pour le coup je serai vraiment d'une humeur exécrable au bureau, ce qui, bien sûr ne me ressemble aucunement. Je tente alors de détendre l'atmosphère et faire bonne figure face aux enfants. Peine perdue même le chien n'est pas convaincu, je le lis dans son regard me suppliant, m'implorant d'arrêter ce bavardage et de lui donner sa gamelle. Je m'exécute donc docilement et finit les préparatifs, rituel immuable du quotidien laborieux : vérification des cartables, des cheveux coiffés et dents brossées... Puis je m'en vais dans le froid du matin gagner ce lieu où je vais devoir faire contre mauvaise fortune bon coeur mon devoir : travailler. Quand on pense que pour certains privés d'emploi, ou d'autres en chômage technique, crise oblige, la culpabilité de notre complainte reprend le dessus. On se surprend pour une fois à rêver de partage et solidarité, et donnerions pour quelques heures ou jours notre tâche à tous ces malheureux pour qui un emploi est bien plus qu'un travail à accomplir : la confiance retrouvée, un véritable lien social, souvent révélateur de notre personnalité, etc.

Mais non, l'échangisme est tabou dans notre société et le troc n'est plus de mise. Et voilà c'est toujours pareil, dès que les français ont un soupçon, une larme de générosité, de créativité, et bien on se heurte à des murs tellement hauts qu'ils sont impossibles à franchir, même en rêves... Alors voilà, c'est bien moi qui me retrouve dans mon bureau, avec mon travail, mes messages, mes notes, mes retards... A me demander qui pouvait bien chanter à tue-tête que le travail c'est la santé quand pour y arriver au travail, j'ai failli glisser huit fois sur le trottoir et me rompre les os ? Ah oui, ma précipitation m'a fait oublier la suite «rien faire c'est la préserver !» Trop tard je suis déjà arrivée, entourée d'une cohorte de collègues aussi motivés que moi et heureux apparemment d'être arrivés à bon port, clamant eux, haut et fort, des bonnes années à qui veut l'entendre !

Moi je n'ai qu'une envie c'est de leur dire «bonne soirée» ce qui signifiera que je rentre chez moi, et d'ajouter doucement «à demain» car il faut bien l'avouer le bureau c'est quand même plus reposant que de supporter nos enfants 15 jours durant quand bien même l'esprit de Noël était présent !
Mardi 6 janvier 2009
L'épiphanie c'est aujourd'hui. Oui je sais que l'on a déjà mangé la galette dimanche dernier mais n'empêche que la vraie date, la célébration de la visite des rois mages à l'enfant Jésus, c'est le 6 janvier, ceci édicté par le concordat de 1801 si mes sources sont bonnes. Oui, en 1801 quelqu'un a décidé que le jour officiel de l'arrivée des mages était un 6 janvier ; On ne sait pas trop de quel calendrier mais ce n'est pas grave. Après tout quand on pense que le nouvel an chinois ne se fête pas en même temps que le nouvel an universel, y'a vraiment pas de quoi faire tout un plat pour une date de fête chrétienne. Ceci étant, question véracité des faits, nul n'a encore réellement prouvé l'existence de Dieu ou de l'enfant jésus ou encore l'explication scientifique de la grossesse de la vierge Marie. Donc n'allons pas nous formaliser sur cette date approximative.

L'important étant, si l'on reprend la devise de Pierre de Coubertin, de participer, je me ferai donc une joie à nouveau ce soir en famille, ou cet après-midi avec les collègues, de re-déguster un de ces fameux gâteaux des rois... J'espère tout de même n'avoir ni la fève ni la couronne, non pas par radinerie pour éviter de devoir offrir un nouveau gâteau ou les boissons si je tombe sur le sujet. Non, simplement parce que, si je me fie aux antécédents des saturnales romaines, je déchante... Je n'ai pas envie d'être exécutée sur l'hôtel de la fraternité comme nos ancêtres romains qui trouvaient le vice, durant leur fête de couronner un condamné un mort le temps des réjouissances, c'est-à-dire sept jours tout de même, puis de l'exécuter... Car oui c'était aussi également une façon de fêter les rois... On comprend mieux pourquoi comme beaucoup d'autres fêtes chrétiennes, l'épiphanie était également une fête païenne à la base...

Faut dire que rien que le nom est louche : galette des rois ou gâteau des rois... En hommage aux rois mages et à leurs présents ? Que nenni ! Tout simplement parce que le 6 janvier, sous l'ancien régime, cela correspondait à la période de paiement des redevances féodales et qu'en plus il était d'usage de donner à son seigneur un gâteau (dès fois qu'il ait encore faim). Ceci dit, il valait mieux ne pas le contrarier et lui filer sa galette étant donné qu'il avait quand même je le rappelle, le droit de vie et de mort sur ses terres. Le droit de cuissage aussi mais pour le moment aucun de nos contemporains n'ont encore trouvé de rapport commercial avec ce fameux gâteau... Nul doute que peut-être, m'ayant lue, certains producteurs de films pornographiques vont trouver l'idée intéressante ou qu'un pâtissier en mal de reconnaissance va planquer, un de ces quatre matins, un santon porno dans nos parts de galettes ! Après tout c'est aussi destiné aux enfants, alors quand on voit ce qui se passe sur Internet sur des sites soit disant enfantins, condamnés par tous mais existant toujours, je joue la carte de la prudence et me contente d'aller chez le boulanger du coin que je connais afin d'être sûre que la fève soit une fève et le santon, bien provençal ! Au pire des cas je pourrai le lui rapporter !

Bref nous sommes tous là avec nos champagnes, mousseux, cidres, gâteaux, galettes à encore mettre le plus jeune sous la table et prendre plaisir à croquer à belles dents ces gâteaux sans trop bien savoir pourquoi... Tradition oblige. Cependant il est une autre partie de cette fameuse tradition que je n'ai jamais vu appliquer : celle de couper effectivement la galette en autant de parts que de convives, plus une : la part du bon dieu. Oui cette part, dénommée aussi part de la vierge étant destinée au premier pauvre se présentant à vous. Avouez qu'en France, ce n'est quand même bien compliqué : à chaque bout de rue vous tombez sur un sdf, y compris dans les cités balnéaires les plus cotées et fortunées, où les exubérances des milliardaires sur leur yacht ou dans leur villa démesurés n'étonnent plus personne... Et pourtant je n'ai encore vu aucun compatriote se baladant avec dans la main la part du pauvre...

C'est triste, c'est décevant... C'est certes moins barbare que les anciennes saturnales me direz-vous ? Pas si sûr quand nous tous, condamnons fraternellement, d'avance ces exclus de la société à la faim et au froid... Cela donne plutôt pour moi cette année un goût d'indigestion de galette cet historique !

Mais commençons cette journée qui n'a de fête que le nom, sur une note positive. Puisque, comme à l'époque féodale, janvier correspond pour nous aussi au paiement d'une partie de la taxe des impôts sur les sociétés ou si l'on est mensualisé à notre échéance de l'impôt sur le revenu, je demande, puisque le camembert président existe déjà, à quand un cake sarkozette ?
Mercredi 7 janvier 2009
Ce matin même en ouvrant les yeux, au moment de vous retrouver, je me suis demandée ce que je pourrai bien vous raconter aujourd'hui, étant sans doute encore trop endormie pour disposer de la totalité de mes capacités intellectuelles. Et... la lumière fut ! Evidemment c'est moi qui ai allumé car je ne voulais pas commencer ma journée au saut de lit par une chute mémorable me prenant les pieds dans mon lourd dessus de lit, tombé aux pieds du lit la nuit durant.

Blague à part, toujours sans grande pensée philosophique je décide de prendre un solide petit déjeuner accompagné de café, ce dernier ayant toujours fait des miracles les matins m'aidant à ouvrir grands les yeux et les oreilles pour dévorer tout ce qui pourrait m'inspirer pour mes prochains romans, bref m'ouvrir à la vie.

Dans le calme de la maisonnée, je ne souhaite pas allumer la télévision et me penche donc consciencieusement sur le programme télé de la semaine prochaine. En couverture les derniers mots d'une célébrité décédée en 2008 et en large partie du magazine, notre nouvelle mis France en train de se faire couronner en décembre dernier. Puisqu'hier nous étions donc dans les couronnes et galettes des rois, et bien ne perdons pas le fil et intéressons-nous aujourd'hui au couronnement de notre chère miss France. Que se passe t-il pour que cette dernière fasse les couvertures des magazines alors que son actualité et son tour des régions n'est pas à l'honneur ? Et bien tout simplement, elle risque de perdre sa couronne (encore une) car une autre concurrente dénonce la régularité des élections précédentes celle finale. CQFD : la miss France ne peut pas avoir été élue car quand bien même l'élection de décembre est régulière, encore que... c'était dans sa région, alors forcement le public lui était acquis et cela explique sa plastique parfaite !, et de plus des parents, des membres du jury, des cousins éloignés ou qui sais je encore, connaissent des membres de la chambre du commerce de cette même région, rendez-vous compte ? Et bien si l'on fait abstraction de tout cela, elle ne devait pas être là car soi-disant, les élections régionales avaient été truquées et donc notre chère miss 09 n'avait pas sa place ni sur la photo ni sur le podium et encore moins sous la couronne... Il y a quelques années à l'époque après-guerre ces élections de miss étaient sans doute, après ces années de douleur, de pertes humaines et d'horreur, une bouffée d'oxygène, un hymne à la beauté, à l'amour, à la joie, à la frivolité... On mettait en avant une jolie femme, cela s'arrêtait là. Aujourd'hui en 2009, ère technique, du progrès, de l'intelligence perfectionnée où maintenant les enfants de cp doivent parler anglais comme preuve d'ouverture au monde, voilà où nous en sommes : une élection régionale de beautés à peine majeures tourne au pugilat, règlement de compte oubliant sans doute toute l'innocence première de mise en avant d'une jolie fille. Tout n'est plus que compétition, jalousie, egos démesurés... Comme si la vie et le quotidien de plusieurs milliers de français dépendaient de miss Bourgogne ou miss Provence... Recompter les voix et les bulletins, cela ne vous rappelle t-il pas Ségolène et Martine ? Miss France, est-ce un remake pour adolescentes attardées de futurs visages politiques ? Qui est à blâmer dans tout cela ? Les médias qui ont font leur chou gras ? Excusez-moi mais je trouve également déplorable que certains avocats renommés perdent leur temps à défendre, à préparer des procès médiatiques tentant de prouver par tant et tant de moyens quel préjudice il y a eu pour les perdantes ou sans doute toutes celles qui auraient pu gagner si cette fameuse miss France n'avait pas piqué la place (car c'est ce qu'on lui reproche au final) à toutes les autres françaises de plus d'un mètre 70 et de moins de trente ans. Oui cela va être un procès époustouflant, dont la décision de justice fera sans doute jurisprudence dans les annales. C'est édifiant quand on pense qu'en pleine crise mondiale, des travailleurs vont être licenciés sans pouvoir se présenter aux prudhommes, des couples vont avoir été ruinés suite à un entrepreneur ayant pris la fuite et deux parpaings en guise d'habitats, qui ne se verront jamais remboursés, des enfants abusés, d'autres tués avec leur assassin en attente de procès 9 ans durant, tout cela faute d'engorgement des tribunaux... Sans parler des autres horreurs dans le monde à dénoncer... Oui cela fait réfléchir, miss France sans doute beauté des corps mais il faudra repasser pour la beauté des âmes... Quand on pense qu'on a fait couper les têtes à tout ce qui portait couronne dans notre pays en 1791 et qu'aujourd'hui en 2009 on fait tout un plat pour la personne sous la couronne pourtant élue par un jury et le peuple, je pense sincèrement qu'il est temps d'envoyer toutes ces prétendantes à la plastique parfaite aux dictas de la mode actuelle consulter un psychologue avant l'élection et surtout suggérer à cette pauvre Mme De Fontenay, si elle ne veut renoncer à cette élection, en 2010 de changer la couronne diadème pour une couronne d'épines, histoire d'éduquer en premier lieu ces minis miss et de leur apprendre le don de soi au lieu de les couvrir de cadeaux et bijoux. Après tout couronne rime avec complots et renversement de pouvoir, souffrance et obligations, non ?
Jeudi 8 janvier 2009
Bien le bonjour en ce jeudi gris ! Pas question de ressasser et de perdre son temps en lieux communs, le temps, la crise, les «c'était mieux avant...».

Non ! Soyons optimiste puisqu'il est «trop tard pour être pessimiste». J'aime assez cette idée, dixit Yann Artus Bertrand ce matin devant moi à la télé. Il a raison cet homme et je profite de ce petit billet pour appuyer à fond son dernier ouvrage qui ose donner la parole à bon nombre d'occupants de notre planète. Cette petite parenthèse refermée, je vais, suite à ma chronique d'hier qui s'élevait contre la suffisance de certaines miss, aujourd'hui parler des femmes et du pouvoir pour rester dans le même sujet et ne pas trop sauter du coq à l'âne. Qu'y a-t-il en couverture des magazines et journaux aujourd'hui ? La guerre, les économies d'électricité, la météo... Et une jeune maman, politicienne en plus, sortant de la maternité avec son bébé dans les bras qui, exploit oh combien remarquable, est de retour au bureau cinq petits jours après avoir donné la vie pour la première fois d'après les sources officielles. Qu'en penser ? A-t-on même le droit d'avoir une opinion à ce sujet sans risquer de se voir coller un procès pour diffamation ? Et bien j'ose : Après tout je ne vois pas ce qu'il y a de privé quand le bébé sciemment nommé et photographié dans sa couverture rose fait déjà la une des journaux, dans les bras d'une super maman, présentée à tous les français comme une femme hyper énergique, remarquablement bien remise de son accouchement et déjà l'esprit au travail.

Deux écoles vont s'affronter. La première, dont j'avoue, je fais partie ne trouve rien d'extraordinaire à retourner au ministère aussi tôt. C'est son choix, je le respecte et ne le juge en rien. Pour ma part, maman également, qui sait que les enfants grandissent trop vite, je ne connais rien de plus émouvant, de plus beau que de rester auprès de son bébé, de le regarder dormir, de se lever toutes les trois heures, parfois plus ! pour le nourrir, rôle primaire et primitif de la mère : mettre bas et nourrir son petit puis l'accompagner dans la vie. Se relever, retrouver sa silhouette et être capable d'aller au travail : tout cela n'est pas remarquable en soit. Par contre, permettez moi de vous affirmer, que si vous vous levez vous même toutes les trois heures pour nourrir votre enfant, à moins d'être insomniaque chronique ou bourrée de cortisone, vous êtes incapables d'arriver et de rester 8/10 heures durant, au bureau, pouponnée et sans cerne aux yeux... Impossible ! Alors une question se pose : à quoi sert de faire des enfants si ce n'est pour s'en occuper personnellement et surtout d'être présent auprès d'eux les premiers jours de leur vie ? Y a-t-il là encore un concours de «peut mieux faire» au sein du gouvernement, des partis politiques, quand hier aux informations étaient diffusées des images d'une autre politicienne adverse ayant accouchée de son 4° enfant et retournant au travail 7 jours après avoir accouché. 5 jours : record battu ! A quand un accouchement en direct au milieu de l'assemblée nationale, à l'heure de la diffusion sur France 3 ? Tout cela me laisse personnellement perplexe et ne peux m'empêcher de penser qu'il n'y a rien de bon à être gouverné par des hommes ou des femmes dont les ambitions carriéristes sont telles que ces derniers ne profitent ni de leur lune de miel ni de leur congés maternités. Essayez, vous, pauvres smicardes de reprendre le boulot cinq jours après avoir accouché et vous verrez si la sécurité sociale et autres organismes sociaux et prudhommaux ne vous tombent pas sur le dos ! Essayez, vous de trouver une place en crèche pour votre bambin âgé de cinq jours ! Essayez, vous de pouvoir rémunérer une garde à domicile pour veiller sur votre enfant dix heures par jour, et sans doute la nuit aussi !

Est-ce cela être remarquable ? S'afficher au monde entier en appuyant bien sur les différences entre vous, membre du gouvernement et vous, pauvre polichinelle du populo français qui pour entre 10.000 d'entre vous n'avez toujours pas d'électricité ce matin ! Honnêtement, et je prend le risque de donner mon avis au titre de la liberté d'expression, à quoi servait le cinéma d'aller visiter la France qui se lève tôt histoire de se rapprocher des demandes du peuple quand une de vos plus proches collaboratrice s'étale au grand jour, obligations professionnelles obligent, et se pointe au bureau, en jupe tailleur, talons aiguilles quand vous, la France profonde, vous amenez vos enfants à l'école, emmitouflés sous votre parka avec vos gros godillots histoire de ne pas flanquer la honte de sa vie à votre gamin si vous vous rétamez devant ses profs et ses potes ayant glissé sur une plaque de verglas ?

Oui décidément c'est une France à deux vitesses : la météo et ses conséquences ne sont pas identiques, le monde du travail, les salaires, la parité, la justice... attention surtout vous peuple de smicards français à ne pas faire marche arrière quand nos politiciens, représentants du peuple, il faut le souligner, enclenchent le moteur de leur Porsche ou Ferrari !
Vendredi 9 janvier 2009
Débordée aujourd'hui, j'avoue que la note du jour arrive tard, très tard. Et oui j'étais très occupée. Bon nombre d'entre vous aussi. Certains à cause du boulot, d'autres à cause des enfants et la majorité sans doute, occupée à courir les magasins pour faire les soldes.

Les soldes, oui, impossible de les louper, on ne parle que de cela depuis deux jours. La presse écrite, parlée, télévisée en parle. Les vitrines des boutiques sont mieux décorées que pour Noël avec des rubans de long en large, de large en long, souvent rouge criard, ornés de ces six lettres énormes en majuscule d'imprimerie. Des chiffres également ont leur place puisque c'est avant tout à notre porte-monnaie que ces vitrines s'adressent. Ainsi des -50%, -30%, -20% fleurissent. A tort ou à raison, c'est la question car certaines vitrines sont tellement chargées qu'on ne voit même plus les articles présentés en vitrine. C'est bien dommage car généralement dans les rayons, il est impossible de voir les articles, pour la plupart, en boule dans les bacs ou déjà en train de se faire tirailler entre deux furies, quand ils ne sont pas tout simplement piétinés sous plusieurs paires de pieds qui, dans l'effervescence du moment, ne s'en rendent pas compte, obsédés par la chasse aux économies.

Oui, car je ne peux m'empêcher de penser que les soldes ne sont rien d'autre pour les français qu'une chasse aux économies. C'est effrayant de voir toutes ces personnes courir à l'ouverture des portes des grands magasins le premier jour des soldes. Pourquoi cette précipitation ? Pour être certain de trouver l'article qui leur plait, déjà repéré et essayé des semaines auparavant, et être certain de trouver la bonne taille, la bonne couleur... au meilleur prix. Que l'on soit heureux d'avoir une ristourne, mon esprit revêche peut le comprendre, mais se faire pousser, être bousculée, chariée, étouffée, coincée, bref plantée là entre deux portants sans même pouvoir tendre le bras vers un pantalon ou un pull juste histoire d'essayer de trouver l'étiquette avec la taille, non ! Je ne parle même pas de l'étiquette des prix car obsédés par ces six lettres magiques, les soldeurs en furie ne regardent même pas le prix indiqué sur l'étiquette ! Une fois rentrés chez eux, leur plus grande satisfaction n'est pas que leur pull leur sied à ravir mais que 30 euros sur l'étiquette remplacent le prix barré de 80 euros... Et qu'importe si le véritable prix est de 25 euros... Non ce qui prime c'est la sensation d'avoir fait des affaires... Allez soyez honnêtes, combien d'entres-vous ont déjà acheté des fringues que vous ne mettez jamais simplement parce qu'elles étaient en solde et que vous avez craint de regretter de ne pas les avoir achetées ?

Je suis peut être une espèce en voie d'extinction mais les soldes c'est sans moi ! Je refuse d'être de ceux qui font se faire piétiner, étouffer au milieu de la chaleur des boutiques accompagnées des effluves de transpiration, parfum trop dosé, mauvaise haleine... Tout cela histoire d'avoir un rabais sur un textile de toute façon déjà et toujours trop cher, surtout quand on pense que pour la plupart, ce sont des articles en provenance de pays où de pauvres travailleurs, parfois des enfants, bossent comme des esclaves je ne sais combien d'heures par jour dans des conditions déplorables pour des salaires misérables avec lesquels ils ne peuvent pas se nourrir correctement, et bien non je refuse !

Et je ne parle pas des longues queues d'attente pour se faufiler dans les cabines d'essayages, souvent inutilisables, remplies de cartons de marchandises invendues (à croire que vraiment, si ce sont des invendus, les vendeurs en charge des commandes sont des incapables vu les quantités astronomiques car il ne nous viendrait jamais à l'esprit que certains commerçants feraient rentrer de la marchandise juste pour les soldes, ce ne serait pas correct !), donc très peu essaient et comme selon la formule consacrée, les soldes ne sont ni reprises ni échangées...

Sans parler des files d'attentes interminables aux caisses... Vu sous cet angle, et la perte de temps occasionnée pour de misérables remises, et bien je préfère rester vieille France puisqu'après tout «le temps c'est de l'argent !»
Samedi 10 janvier 2009
Aujourd'hui, je vais parler de moi car c'est un jour un peu exceptionnel, je dédicace mon roman. Quand on écrit, on est seul. Notre seule compagnie est celle factice et imaginaire des personnages inventés et des histoires non moins aléatoires au gré de notre inspiration. Parfois nos proches, après avoir lu nos brouillons nous donne des conseils, des idées, leur opinion... Quelque fois on les écoute, mais bien souvent on reste fidèle à notre première impulsion.

L'auteur est donc seul face à son clavier ou son cahier. Pense t-on au lecteur quand nous rédigeons ? Personnellement non. Je ne pense ni à mon lectorat, ni aux futures critiques. Je ne pense pas être la seule, sinon nos nombreux délires se retrouveraient bien vite autocensurés et nous n'écririons plus rien, de peur d'être jugés.

Nous réfléchissons à l'intrigue, au suspens, au dénouement, cherchons le coupable idéal mais inattendu, l'effet de surprise. Nous nous efforçons de décrire avec le plus de réalisme des endroits, des décors, caricaturons certaines personnes, sommes fidèles à certaines autres... Nous cherchons le bon mot, le mot juste. Nous écrivons. Et nul n'a jamais eu besoin d'être lu ou édité pour écrire. Heureusement d'ailleurs ! Le lecteur passe donc dans un premier temps au dernier plan.

Puis une fois que vous avez passés des heures, solitaires, courbés sur vos machines, une fois que vous tenez entre vos mains votre fichier informatique transformé en livre, au format et caractère idéaux à la présentation en librairie, vous prenez conscience devant cet objet qu'un livre est fait par définition pour être «livré». Vous voilà donc en train de commencer à comprendre que ce que vous avez impudiquement livré à l'intérieur ne vous appartient plus et que des étrangers vont lire ce que vous aviez couché sur le papier dans votre intimité. C'est assez effrayant, encore plus quand ce sont des proches ou des gens que vous côtoyez tous les jours. Comme un don de soi... mais pas tout à fait puisque vous écriviez en privé, en tête à tête avec vos personnages.

Vous vous rassurez, vous dîtes que tous ces voisins, amis, collègues, connaissances et inconnus vont faire la part des choses entre réalité et fiction, création artistique et liberté d'expression. Après tout que leur viendrait-il à l'idée de vous juger alors qu'ils regardent bien pire à la télé ou au cinéma ? Oui mais là c'est différent. Vous êtes non loin d'eux donc plus accessibles... Plus infréquentables aussi par conséquent !

Une fois cette petite popularité acceptée, les auteurs s'attablent, une pile de leur ouvrages devant eux et attendent... Attendent quoi ? Et bien justement que ces fameux lecteurs, encouragés par la presse et le bouche à oreille, viennent à votre rencontre, percer le mystère de ce qu'il y a de l'autre côté du livre justement... Et bien c'est un exercice difficile croyez-moi ! Car venir à la rencontre d'un auteur dont vous ne connaissez aucun de ses précédents ouvrages n'est pas franchement facile ! Ainsi l'auteur attend, toujours seul avec ses personnages bien enfermés dans son livre sagement posé devant lui. Personnages qui ne demandent qu'à s'animer, à prendre vie à travers les mots, oraux cette fois de l'auteur... Mais non la barrière est là... Un livre, objet intime, qu'on tient le soir dans ses mains, dans sa chambre, son canapé, son lit... Mais pas au milieu d'un supermarché ou d'une librairie ! C'est rigolo après tout de voir tous ces lecteurs potentiels tournent virer autour de vous, jeter un coup d'oeil de loin, n'osant s'approcher, et vous à votre table qui commencez à vous ennuyez drôlement et esquissez un sourire et un bonjour polis à chaque personne poussant chariot ! Il y a ceux qui vous regardent avec un demi-sourire franc, ceux avec un demi-sourire pincé, ceux d'un air navré, d'un air inquiet pour vous, ceux qui vous regardent avec le regard vide, dénué d'expression comme si vous étiez une conserve en gondole. Je ne parle pas de ceux qui vous glissent un sourire dragueur au passage...

Et puis enfin ! Enfin un lecteur s'approche qui semble intéressé par le contenu du livre et non par vous. Enfin quelques personnes qui s'intéressent à vos personnages ! C'est rassurant car vous pouvez enfin, auteur, vous cacher derrière vos personnages et reprendre votre stylo en main histoire de faire ce que vous savez le mieux : écrire ! Après tout on ne vous en demande pas plus !
Dimanche 11 janvier 2009
Second dimanche de l'année 2009. Dimanche, jour du seigneur pour les chrétiens, donc par conséquence jour de repos. Vu le nombre de tâches qu'il me faut encore accomplir aujourd'hui, et bien je dois être définitivement athée ! Dimanche, jour du ménage, jour des devoirs en retard, jour du repassage, jour du classement du courrier reçu et empilé toute la semaine sur le meuble de l'entrée ou sur le bureau !

Et puis comme je le disais au dessus, second dimanche de l'année et comme certains d'entre vous je n'ai pas encore eu le temps de démonter ce fameux sapin de Noël, tâche à laquelle je dois donc me soumettre absolument ce matin ! Sinon il risque à Pâques d'être encore là ! Ceci dit si je tenais jusqu'à Noël prochain, cela me ferait gagner du temps dans onze mois, et de la place dans mes placards. Oui mais, cela ferait un peu désordre tout de même car je dois préciser que ce dernier ne fait pas moins de deux mètres de haut et a une circonférence dont je ne veux même pas entendre parler. C'était cela la magie de Noël, un arbre gigantesque brillant de mille lumières ! Toujours amusant à décorer cet arbre hors proportion qui occupe toute la place du salon, vous obligeant à vous déplacer de biais un bon mois durant... Moins amusant à démonter quand même ! Ceci dit il y a toujours des choses étonnantes à découvrir. Par exemple j'ai remarqué que les boules bleues achetées cette année rebondissent quand on les lâche comme une balle de ping pong ! Incassables, ca c'est génial ! Je me suis donc demandée un instant en quoi elles étaient faites mais n'ayant pas l'esprit masculin, j'ai vite abandonné la liste des matériaux légers, solides, ou autre...

Je me rappelle que petite je détestais ce jour où les parents devaient démonter le sapin. Cela signifiait la fin des vacances, la fin des fêtes, la fin de je ne sais quoi, de cette période qu'on s'amuse à nous faire croire magique et dotée d'un esprit particulier, vous savez celui qu'on appelle de Noël, celui où «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil».

Quelques années de plus et voilà, c'est moi en haut de l'escabeau qui peste contre cette satanée étoile qui ne veut pas se détacher, contre les boules qui rebondissent à droite et gauche, les guirlandes électriques qui s'emmêlent les unes aux autres...

Je n'aime toujours pas démonter les arbres, ôter leur décoration et tout mettre en cartons. Avec l'âge ce n'est pas qu'on prend conscience que le monde n'est ni beau ni gentil quelque soit la période. Non, c'est qu'avec l'âge on se rend compte que pendant qu'on est perché derrière notre arbre, des gamins qui croiraient encore au père Noël s'ils étaient chrétiens sont, pauvres d'eux, en train de se faire massacrer à coups de bombes sur la terre sacrée d'Israël, berceau des religions... Des enfants amputés, borgnes, agonisants, morts, victimes silencieuses, anonymes et pire que tout innocentes d'un conflit dont on ne fait que parler depuis quelques jours. On voit des tirs de roquettes, des bombardements, des corps, des ambulances bloquées... Et nous on est là à démonter notre sapin, en croyance, en la mémoire de l'enfant Jésus !

Pas gai tout cela pour un dimanche, pour un jour ensoleillé chez nos amis british ; alors certains français, enfin, se font entendre, élèvent leurs voix demandant à l'Europe, à l'ONU, de réagir non par la violence, pour faire cesser ces massacres et de faire pour une fois passer les intérêts moraux et humains avant les accords commerciaux avec les pays en guerre. Mais cela suffira t-il ? Difficile à le croire quand toujours en France alors que certains militent pour la paix dans le monde et les droits de l'homme, d'autres comme toujours, en profitent pour dévier une manifestation pour la paix, une manifestation contre la violence, en détériorant, en cassant des vitrines de magasins...

Drôle de mentalité quand même ! Alors comment voulez-vous qu'à l'heure où certains inconscients, ne peuvent s'empêcher de casser des vitrines ou brûler des voitures de personnes innocentes, il est possible d'espérer la paix entre deux cités gouvernées par des intérêts autres que le seul plaisir personnel de tout péter ?

Je ne sais pas si le père Noël existe, petite je l'ai espéré longtemps ; je ne sais pas si Dieu existe, si Jésus de Nazareth roi des juifs existe. Communiante j'y croyais et l'espérais. Aujourd'hui quand je vois tout ce qui se passe là-bas, j'espère bien qu'il n'y a personne contemplant tout cela, là-haut !
Lundi 12 janvier 2009
De qui se moque t-on ? C'est ma question du jour ! De moi, de vous ?

A l'heure où tout à chacun se déchaîne et critique la décision de notre président de supprimer la publicité à la télévision, chacun ayant bien évidemment une opinion à ce sujet, plus ou moins fondée d'ailleurs, mais qu'importe c'est qui fait la beauté de la liberté d'expression !

Les pubs parlons-en ! Tous les quotidiens, tous les journaux télévisés qui sans doute veulent remonter le moral des français, mettent à la une les inconvénients de l'hiver froid : les sans domiciles seuls dans les rues glaciales, les morts inévitables pour tous ceux refusant les hébergements d'urgence, sans parler des conséquences de la crise financière mondiale, notamment sur les français : baisse des prix dans l'immobilier, difficulté d'obtenir des crédits, fermetures d'entreprises, chômage forcé, file d'attente aux restos du coeur avec cette année des demandeurs pourtant dotés d'un travail et d'un petit salaire, chaînes de construction automobile stoppées...

Voilà ce qu'est notre quotidien depuis pas mal de semaines. Et malgré tout certains publicitaires, toujours plus innovants, plus «in», se sentent intelligents avec leurs nouvelles pubs, notamment celle où un véhicule de marque française nous est présenté à «seulement» 28.000 euros ! Citant bien fort que pendant que la France avance, et bien eux accélèrent ! Je comprends bien ! Je dirais même plus à l'instar de Dupond et Dupont ! Ca se voit qu'on accélère : la preuve les chaines sont arrêtées ôtant à peu près 300 à 500 euros sur les salaires de leurs ouvriers, d'autres se retirant des rallyes ou des championnats de F1...

Le milieu de l'automobile est quand même un autre monde, toujours masculin. Et je pense que ce sont sans doute des hommes leur publicitaires ! Aucune psychologie ! Tenez prenez cette autre publicité pour une marque d'automobile allemande : eux font mieux, encore plus fort : ils filment une caricature de réunion type les alcooliques anonymes, mettant en scène un certain nombre de personnes ayant la fâcheuse habitude de commettre des placements hasardeux, traitant tous ceux non sevrés d'alcooliques ou de drogués... Tout cela dans quel but ? Juste celui de montrer qu'il vaut mieux placer son argent dans leur voiture pour la modique somme de quelques dizaines de milliers d'euros plutôt que de le laisser à la banque ! C'est sûr que quand on connait la décote d'un véhicule neuf au bout de 6 mois, il est certainement moins hasardeux de garder son argent sous son oreiller !

Comble du ridicule, bon nombre de publicités utilisent la crise et la baisse du pouvoir d'achat pour tenter avec le second degré de persuader des clients d' acheter des biens dont la vente ne fait que chuter depuis plusieurs mois, voire années...

Ah il faut le prendre comme du second degré ? Heureusement que je n'avais pas compris, je me sens tout de suite mieux et vais aller de ce pas chez mon garagiste le plus proche lui demander s'il a en vente la voiture, vous savez celle étrangère qui n'a pas le moyen sans doute de se payer de la pub, mais qui est par définition, la moins chère du monde !

Je ne sais pas moi, ménagère de moins de 50 ans, mère et femme active, peut-être pas assez créative, je ne comprends pas pourquoi en période de crise et en période de suppression de publicité on ne commencerait pas par effectivement supprimer toutes ces pubs débiles où grâce à la crise, les publicitaires, se jetant sur cette opportunité, font dépenser déjà à ces entreprises des millions d'euros en spot publicitaire, somme qui servirait sans doute à compenser les salaires diminués de ceux en chômage technique, tout cela pour quoi ? Pour demander au français de base de dépenser la modique somme de 28.000 euros et quelques centaines d'euros, soit deux ans de salaires de smicards, tout cela pour avoir le privilège de rouler français !

Et bien, moi je préfère encore marcher ! Cela pollue moins, cela ne se décote pas, cela participe à mon exercice physique, et surtout cela me donne bonne conscience : je ne prends pas mes concitoyens, justement pour des cons !
Mardi 13 janvier 2009
Aujourd'hui mardi et retour en enfance grâce à mon fils pour qui mardi est jour de poésie à l'école. Au programme à apprendre : un extrait du petit prince de St-Exupéry.

Je pense que chacun d'entre nous, quelque soit notre région d'origine et notre école primaire, y a eu droit et je suppose que chacun a également eu droit au passage légendaire du renard demandant au petit prince de bien vouloir l'apprivoiser.

Un grand classique du genre traversant les générations où après lecture et explication du texte par nos enseignants, les adultes miniatures apprennent enfin qu'il n'est pas bien de juger l'autre sur son apparence physique, et que bien que différent tout le monde peut s'aimer et s'apprécier... vive l'indulgence, à bas les jugements hâtifs !

«On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux». C'est bien, c'est joli, c'est poétique, c'est rempli de bonnes intentions. Peut-être grâce à cette poésie mon fils ira plus facilement vers une personne n'ayant pas la même couleur de peau, ceci dit heureusement qu'il n'a pas attendu Antoine et son texte pour être éduqué contre les violences raciales et verbales. Peut-être regardera t-il d'un oeil différent les personnes âgées, qui l'effraient encore ; les personnes handicapées motrices ou mentales, qui l'effraient encore plus. Mais on ne lui en demande pas tant. C'est encore un enfant et par le fait le temps qui passe, les maladies, sont encore difficilement acceptables pour lui et bien loin de ses préoccupations enfantines.

Alors que lui demande t-on à travers ce texte ? Que nous a-t-on demandé ? En gros de ne pas se moquer des gens obèses, de ne pas montrer du doigt les gens chauves, les sdf, les gens sales, bref tous les gens différents de lui... De ne pas se moquer certes mais de ne surtout pas les exclure, d'accepter de leur parler, d'apprendre à les connaître, à sonder leur coeur justement pour que le sien de coeur soit ouvert au monde de façon positive.

Les premières tentatives expérimentales devraient avoir lieu dans la cour de l'école quand durant la récréation, le renard prendra l'apparence physique d'un enfant un peu à part, vers qui nos enfants sont censés se tourner et non se détourner...

C'est le but et c'est très louable de continuer à user de ce texte. Cependant la question que je me pose moi ce matin en l'amenant vers l'école, c'est ce que nous en avons retenu, nous les enfants d'hier. Ceux là même, qui il y a moins de 20 ans, étions à sa place, notre cahier sur le bureau de notre instituteur, récitant debout devant la classe «s'il te plaît, apprivoise-moi !», nous les adultes d'aujourd'hui.

Sommes-nous réellement tolérants face aux différences physiques, morales ? Je n'en suis pas certaine quand je vois les procès pour discrimination à l'embauche, quand je vois les regards se détourner des gens faisant la manche... Attention soyons clairs, je ne fais pas l'apologie de la générosité battant la campagne, moralisatrice, disant «donnez tous dix centimes au clochard du coin !» Non chacun est libre de juger et de faire ce qu'il veut avec son argent et sa conscience. Je mets juste en avant les regards détournés, dégoûtés face aux personnes différentes, tristement seules et asociales. Un simple bonjour, franc, est parfois plus riche qu'une pièce balancée de loin dans une coupelle ! C'est entre autre cela le message qu'il fallait retenir.

Je crois malheureusement que cette maxime, où l'essentiel est invisible pour les yeux, n'est pas d'actualité dans ma ville où quand j'attends mon fils à la sortie de l'école, c'est un véritable défilé de jeans griffés, de baskets dernier cri, de sacs de luxe... Alors je pose une question à Antoine moi, pas celui qui se laissait pousser les cheveux, non l'autre celui qui disait que peu importe le pelage du renard ou les cheveux de son voisin, il nous fallait être généreux pour être heureux : ne trouvez-vous pas un peu anachronique, malheureusement, désormais votre maxime, quand des gamins récitent votre poésie tandis que leur mère critique celle du copain passant après lui, parce que sa maman à lui, n'a que le sac Vuitton de la saison passée et que son père préfère le vélo au Hummer ? Je pense malheureusement qu'il faudrait reprendre l'explication de texte et expliquer que si Antoine a utilisé des images pour faire passer son message, il ne parlait que de nature dans son passage de champ de blé couleur or, et qu'il n'y avait aucune métaphore, aucun message subliminal planqué là-dessous confondant la couleur de l'or et la valeur de l'or... Adultes, à vos cahiers, il est temps de réviser, on va dire que c'est la mémoire qui vous fait défaut !
Mercredi 14 janvier 2009
Étonnante, cette émission d'il y a quelques jours «six milliards d'autres» de Yann Arthus-Bertrand qui est allé récolter dans 75 pays 5.000 interviews sur 40 questions aussi larges et subjectives que la transmission, l'amour, la famille... Enfin la télévision permet de s'élargir au monde, de rencontrer, d'écouter sans artifice ce que les autres habitants de cette planète ont à dire. Riche enseignement que d'écouter sans rebondir, sans répondre, ces multitudes d'opinions. Entre ceux qui retiennent de leur parent leur éducation stricte, d'autres se remémorent les conseils de leur père pour ne pas être battue par leur futur époux. D'autres tout sourire, fidèles à eux même raconte qu'on leur a appris à ramasser et faire sécher la bouse...

Impressionnant comme bon nombre de réponses tourne autour de l'enseignement, du partage, de l'amour... Du respect mais aussi de la liberté. Du Népal à New-York, de Buenos Aires en France chacun a la même aspiration selon les us et coutumes de leur pays... Message d'espoir, toutes les personnes de ce documentaire ont joué le jeu sincèrement, chacun crie l'amour de la vie, le don de soi, la liberté.

Touchants, tout simplement touchants de sincérité avec des questions auxquelles on ne peut répondre en trichant sans se faire repérer. La vérité : elle a fait fondre en larmes en toute impudeur bon nombre d'habitants de pays civilisés à propos de leur famille justement. C'est étrange que ce soit les plus américanisés, les plus européanisés qui se mettent à pleurer alors que quand, on questionne une jeune femme d'un pays lointain, celle-ci répond, en souriant, que sa plus grande peur est que son mari la frappe à mort car quand il a trop bu il frappe...

A croire que vraiment on vit tous dans un monde qui ne nous ressemble pas. Par quoi sommes nous dépassés au fond pour ne pas vivre en fonction de nos aspirations ? Qu'est-ce-qui nous en empêche ? Il apparaît une chose évidente : la simplicité. Les hommes pour être heureux prétendent tous n'avoir besoin que d'amour et souhaite survivre en restant libre. Et pourtant le progrès, les avancées technologiques nous pousse à compliquer nos existences. Une maman qui s'entretenait de l'éducation de son fils disait juste : «on les élève en les amenant au restaurant tous les samedi soirs et une fois rentrés on leur dit que ce n'est pas important, que ce n'est pas cela la vie...» Elle a raison, on interdit à nos mômes de 10 ans de regarder trop la télé, de ne pas jouer aux jeux vidéos et nous que faisons-nous en même temps ? On est en train de consulter notre boîte en mail ou un site Internet en leur disant «c'est pas pareil !»

«Tous semblables, tous différents», c'était ce qui était inscrit sur mon cahier de catéchisme. Une chose me fait réfléchir après avoir vu ce documentaire : les plus pauvres, ceux qui connaissent la faim, ceux qui n'ont pas eu d'éducation, ceux qui n'ont aucune estime de soi, sont bien plus riches en amour et en bonheur que la plupart de nous tous, entourés de technologie et de facilité. A force de n'avoir que l'effort à faire de pousser un chariot de supérette pour se nourrir et crier à la perte de temps, on n'en a oublié l'essentiel : vivre. Seul, en communauté, avec ou sans enfant : mais vivre simplement, avec le repli sur soi nécessaire à une vie heureuse. Vivre sans chercher à dépasser, à surpasser son voisin, l'autre, qui au lieu d'être une force dans les tribus sauvages est devenu notre pire ennemi : le reflet de soi qu'on admire tant qu'on finit par le détester tout en tentant de lui ressembler. Alors il faut faire mieux, il faut faire plus...
Et si la vie c'était simplement ne rien faire que de vivre en paix avec soi-même ?
Jeudi 15 janvier 2009
Après ces réflexions restées entérinées en mon for intérieur, je suis stupéfaite et enragée à mon retour de chez le kiné. Comme d'habitude en l'attendant je feuillette ces magazines people que personne ne lit jamais mais qui sont achetés par milliers d'exemplaires, d'où la légitimité de leur continuité, et toujours présents dans chaques salles d'attentes de kinés, dentistes, généralistes... A croire que quand on va chez le médecin en France, mieux vaut y aller l'esprit creux...

D'un coup le choc des cultures, après le reportage de Yann Arthus-Bertrand et les vérités et aspirations profondes des hommes, voilà la vilité de notre quotidien.

Bref ; et là scandale ! Oui je crie au scandale moi aussi. Bin oui, c'est ce qui caractérise ces magazines, non ? Les lecteurs adorent voir déballer la vie scandaleuse et indécente des stars, du moins de certaines personnes ayant une petite popularité allant de Paris au moins jusqu'à Strasbourg ; Et les stars eux même, ceux qui font partis du star-system, du show-biz, de la jet-set crient au scandale car on a pas le droit de voler leur intimité qu'ils ont mis si longtemps eux-mêmes à tenter de hisser dans les pages les plus lointaines de tous les magazines par quelque moyens que ce soit pour qu'un jour on retienne le nom et pense à eux... Bref j'y reviendrai, ce n'est pas le sujet du jour !

Non, non ce qui m'a scandalisée moi et malheureusement cela reste dans la continuité de ce que j'ai écrit il y a quelque jour (ce n'est pas de l'acharnement), c'est, photos à l'appui, que notre chère super maman nationale s'est rendue à la clinique avec un sachet chanel dans les mains, a fait venir sa coiffeuse personnelle avant sa sortie officielle de la clinique sachant qu'elle serait attendue par paparazzis et photographes, les officiels ceux-là... Je m'adresse à toutes les mamans, n'avons-nous toutes pas cette première fameuse photo de nous jeune maman fatiguée, décoiffée, non maquillée, mais heureuse tenant notre nouveau-né dans nos bras ? Photo d'un instant présent, qui va chambouler le cours de nos vies ? J'espère pour elle que cette fameuse super maman faisant la une, l'a aussi cette photo non maquillée, non coiffée, et fatiguée mais heureuse. Peut-être l'a-t-elle dans son coeur me direz-vous cette image ? Je l'espère pour elle. Mais c'est triste car un coeur, c'est comme un ordinateur avec ces photos en cd, où il faut d'une part savoir brancher l'ordi pour les regarder et ensuite retrouver ce fameux cd pour pouvoir par écran interposé rejoindre ces moments de vies... Et malheureusement chacun d'entre-nous sait que le coeur, tous les coeurs s'arrêtent définitivement un jour...

J'espère bien pour cette petite qu'il y aura d'autres photos, personnelles... ou qu'il n'y en aura pas du tout plutôt que d'en avoir comme celle où on la brandit comme un trophée, comme les joueurs de football de 98 qui brandissaient leur coupe du monde !

Et puis cette arrivée dans la cour présidentielle de l'Élysée ! Re-parlons-en ! Les talons j'en avais parlé déjà, mais ce que j'ignorais et que cette presse non convenable m'a apprise c'est que Madame était en tailleur Dolce & Gabbana ! Et oui nous avons en face de nous, une Ministre s'il vous-plaît, qui plus est de la Justice (j'insiste sur la majuscule). Enfin il faut qu'elle tienne son rang et qu'elle montre bien à la France du bas, celle qui se lève tôt, qu'elle, sa tenue de travail, son uniforme, elle le trouve dans les boutiques de luxe passées en frais de représentation... Il est bien évident que sa note de frais, et celle de tous les autres ministres, sénateurs, députés et gens qui nous représentent, nous le peuple, ne s'arrête pas à un abonnement de parking à 61 euros le mois, l'essence étant à votre charge, ni à vos tickets déjeuner, retenu au passage en parti sur vos salaires...

Pourquoi l'embêter ? Ses tailleurs de marque sont juste l'équivalent de vos bleus de travail encrassés de cambouis ou peinture, chaussures de sécurité qui ne protège pas d'intoxication au plomb ou amiante, blouse d'infirmière sous payée, uniforme de police et de pompiers se faisant caillasser...

Et tous les autres qui doivent en plus de ne gagner que 1000 euros par mois, se la payer, eux leur tenue de travail. Non, non, non, on n'est pas dans la même cour ! On se croirait revenu à la cour des rois où les manteaux d'hermine font face aux haillons du populo qui a froid et faim ! Cette dame représente la justice ! Trouve t-elle juste l'image qu'elle donne d'elle ? Ne la trouve t-elle pas déplacée ? Moi cela m'inquiète de savoir que la justice est dirigée par une personne qui fait si peu cas de l'image qu'elle dégage, vraiment pas juste ! Qu'elle vire donc son conseiller en communication, qu'elle retourne biberonner un peu, qu'elle réapparaisse en jean (la toile solide des gardiens de vaches) et qu'elle troque ses escarpins pour des baskets bien confortables pour courir quand on est débordé ! Et dix contre un qu'elle sera prise un peu au sérieux et qu'on écoutera d'une oreille plus attentive ses projets de réforme ! Chut, je vais lui dire un secret «L'Habit ne fait pas le moine» mais la justice symbolisée par la balance doit être un parfait équilibre... Alors ?
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